S silencieux

Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabres et Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist. 

15 janvier 2016




Ce S me chiffonne. 

Autoritaire, impératif, il exige le silence : « ne réponds pas », alors que tu suggères plutôt que l’absence de réaction te pèse, que les réticences t’inquiètent. Tu as voulu finir sur le tracé gracile d’une muette sinueuse, un S, celui dangereux des reptiles. Tu n’y as vu que du feu, mais sache que c’est de mauvais augure. Parce que si je ne peux pas répondre, comment te faire savoir qu’il consent, ou non ? 

Tu te sers d’un mur comme d’une boîte postale pour de façon anonyme avoir réponse à tes questions, procédés de gens désabusés, de pays opprimés, mais tu sembles craindre le pire. Affaire d’argent, espérance amoureuse, s’il n’y consent pas, c’est une fin de non-recevoir, le début de la débine, des heures grises et tristes. 

Mais personne ne vit ici, sache-le, tout ferme, on exproprie, ce sera le grand Paris : de grands parkings, de grands buildings, de grands périphériques. Les voix d’autrefois se sont tues. Alors si c’est de l‘une d’elle que tu attendais une réponse, mieux vaut aller taguer ailleurs tes S canaille.
 


Commentaires

  1. Tu n'es pas la seule que ce S a titillée ! J'aime bien ta version des faits :)

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    1. Merci Florence. Sensibilité à fleur de peau dans les contributions de ce 15. C'est bien :)

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  2. Oh! Wow! Un texte qui dit plein de choses !!

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    1. Merci Margarida car ce n'est pas facile de construire une histoire en quelques lignes. Bravo:)

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