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Vanité

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Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de  Margarida Llabres  et  Florence Gindre , projet inspiré par  « Mots sauvages »  de Cécile Benoist.  15 Juin 2016 Est-ce l’annonce d’une exposition, un canular, un sujet de bac ? Le Temps de Rien. Rien… quoi ? Rien faire, se taire, se soumettre... Ou alors un stratagème pour obliger à prendre patience  et attendre un avion qui ne vient pas ? Les grandes majuscules en métal argenté se balancent au-dessus des escaliers. Elles sont là ce matin, elles n’y étaient pas hier soir. Qu’attend-on de leur installation dans ce hall d’aéroport dernier cri? Un effet de surprise, une opération de marketing, un enthousiasme de commande... Le Temps de Rien… Ce Rien donne la chair de poule. Destructeur, déconstructeur, au mieux réducteur. Il terrifie, sécrète une infinie solitude, insiste sur l’absurdité de notre condition...

Rêve entre les primevères

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Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de  Margarida Llabres  et  Florence Gindre , projet inspiré par  « Mots sauvages »  de Cécile Benoist.  15 mars 2016, d’après une photo de Sofie Je ne le vois jamais travailler mais, à une date qui m’échappe, sans doute le dernier lundi de janvier, dès ce jour-là, il vient régulièrement. Il se faufile avec ses outils, m’a-t-on dit, et apprête comme pour une fête un mince morceau de terre coincé entre deux cours d’immeubles. Il retourne et bine et sarcle. Il ne touche pas aux herbes folles qui poussent en désordre le long de la grille, aux arbres que l’absence de soins et de direction écartèle. Il n’a de souci que pour une modeste parcelle que j’aperçois de ma fenêtre. En plein hiver, chaque année c’est pareil. Il casse les mottes, chasse les rampantes, trace un rectangle et sème.  Quel homme est-il et à quoi lui sert tant d’application? Il fa...

RATTUS

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Participation à la 2 ième  édition du projet inter-blogueurs  « Mots éparpillés » de  Margarida Llabres  et  Florence Gindre ,  projet inspiré par  « Mots sauvages »  de Cécile Benoist.  15 Février 2016 Qui est le rat ?  Le rat de la fable, le rat des cauchemars, celui que l’on imagine avide, agressif, désagréable, le rongeur type roublard, vicelard, méprisable. Le promeneur des arrière-cours, le maître des égouts. Celui qui trotte dans l’ombre, se frotte à toutes les croûtes, hume sans dégoût les raclures, les ordures, et se régale de la misère. Celui qui flaire l’indigence et attire le malheur, accapare, s’approprie et ne cède en rien, ni un sou ni un liard, parce qu’il ne saurait apparaître charitable. Celui qu’on hait, qu’on fuit tout autant que peste, fièvre et choléra. Mais quand il n’est pas là, c’est toi qui le dis, les pourris dansent. Tu t’en étonnes ? Fi du folklore et des symboles ! Ce p...

S silencieux

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Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabres et Florence Gindre , projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist.  15 janvier 2016   Ce S me chiffonne.  Autoritaire, impératif, il exige le silence : « ne réponds pas », alors que tu suggères plutôt que l’absence de réaction te pèse, que les réticences t’inquiètent. Tu as voulu finir sur le tracé gracile d’une muette sinueuse, un S, celui dangereux des reptiles. Tu n’y as vu que du feu, mais sache que c’est de mauvais augure. Parce que si je ne peux pas répondre, comment te faire savoir qu’il consent, ou non ?  Tu te sers d’un mur comme d’une boîte postale pour de façon anonyme avoir réponse à tes questions, procédés de gens désabusés, de pays opprimés, mais tu sembles craindre le pire. Affaire d’argent, espérance amoureuse, s’il n’y consent pas, c’est une fin de non-recevoir, le début de la débine,...

Danger

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Participation à la 2 ième édition du projet inter-blogueurs  « Mots éparpillés » de  Margarida Llabres  et  Florence Gindre ,  projet inspiré par  « Mots sauvages »  de Cécile Benoist.  15 décembre 2015 Quand on oublie de se relire, c’est à ses risques et périls, quelques secondes d’insouciance, une peccadille, et la coquille devient crime. Quand on écrit n’importe quoi, licence ou cuistrerie, entre boulette et bavure, c’est jouer petit, hasarder sa renommée, s’attirer le mépris. Ce peut être pire, engager sa liberté et craindre pour sa vie. Quand on ne se soucie plus de ce qui arrive, de ses faits et gestes, on s’en remet à d’autres et ceux-là vous prendront tout. Quand une matinée compte dix-huit heures, c’est que le temps n’a déjà plus de sens, que l’absurdité guette le système, que le vide tient lieu de principe. Quand la circulation est interdite au-delà du raisonnable et que le contrôle devient ins...

Miss Me

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Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabres et Florence Gindre , projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist, 15 novembre 2015, d’après une photo de Oh et Puis   Encore une boutique fermée, délabrée, rongée par l’abandon ! Les rideaux sont tirés, la grille s’oxyde, les encadrements de bois suintent, s’effritent, se débinent. La ville est triste.   Alors, chacun accroche ses pensées et ses aphorismes sur les bois vermoulus et pourris, dessine ses songes sur ce qui subsiste d’à peu près solide entre les encadrements. Te rappelles-tu la rue d’Alger autrefois ? Pas un papier gras ne traînait, les jupes des filles virevoltaient dans la lumière dorée, la fanfare municipale descendait chaque samedi, on allait en riant bras dessous bras dessus d’une boutique à l’autre, personne n’aurait pensé mettre un jour la clef sous la porte. Il reste pourtant malgré les fissures, les ...

L'arc-en-ciel du trottoir de l'école

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Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de  Margarida Llabres  et  Florence Gindre , projet inspiré par  « Mots sauvages »  de Cécile Benoist.  15 octobre 2015, d’après une photo de Sofie (Paris) Un bout de trottoir de toutes les couleurs entre grille de ventilation et plaque d’égout. Qui parle comme un livre parce que c’est la rentrée des classes. Qu’à droite se trouve la maternelle où commence une longue histoire : les cœurs ne sont pas tous à la fête, les sourires automatiques, les menottes s’accrochent et les pleurs s’étouffent dans les plis des doudous qu’on abandonne. A gauche, là où se décide l’avenir, au collège et au lycée, les citoyens et les savants de demain savent que les années vont s’égrener, une à une, et leur demander le maximum.   Alors, ce bout de trottoir a servi de tableau noir pour égayer cette journée redoutée. Des mains appliquées y ont tracé en bâtonnets serrés à...